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Fernando de Noronha

C’est avec un immense soulagement que nous atteignons enfin Fernando de Noronha, une île brésilienne située à 200 miles des côtes du Brésil.

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Le jour se lève, le soleil perce à travers les nuages et la brume qui s’élève, les vautours volent au-dessus des vallées verdoyantes tels des Ptérodactyles tout droit sortis de Jurassic Park. Un immense rocher ressemblant à une statue de l’île de Pâques surplombe l’ensemble. Ayant quitté les îles arides du Cap Vert seize jours plus tôt, nous sommes éblouis par le paysage qui s’ouvre devant nous.

Nous posons l’ancre dans le seul mouillage autorisé de l’île puisque celle-ci est en réalité un immense parc naturel protégé. L’eau est limpide, le fond constitué de sable blanc nous apparait nettement malgré les 10 mètres de profondeur. Un premier bain dans cette eau claire et chaude et je réalise que nous sommes au paradis.

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Arrivée-de-Bernard-et-Madeleine-768x1024 Fernando de Noronha

Nous sommes le seul voilier de plaisance au mouillage, seuls des bateaux de pêcheurs et de plongées nous entourent. J’aperçois au loin des remous et des formes qui bondissent hors de l’eau, suivies de près par un bateau qui semble être rempli de touristes faisant la visite de l’île. Je comprends alors que des dauphins vivent dans cette partie de la réserve et qu’ils s’approchent de nous, sans doute pour nous souhaiter la bienvenue sur cette île paradisiaque. Par la suite, ils viendront nous voir chaque matin et nous accompagneront même lorsque nous prendrons l’annexe pour rejoindre la côte.

Première excursion en annexe avec comme mission de remplir les formalités d’entrée sur le territoire brésilien, de trouver de l’eau pour nos cuves et de retirer de l’argent car nous n’avons que des euros. Malheureusement, ces missions ne vont pas aboutir, le bureau de la capitainerie est fermé, nous ne trouvons pas d’eau malgré les explications des habitants et nous galérons un peu pour trouver une banque qui au final ne prend que visa et prélève une forte commission pour le retrait d’argent… Finalement, nous obtenons le lendemain notre visa d’entrée et nous acquittons des nombreuses taxes demandées par les autorités à la fois pour le bateau et pour nous. Vu leur montant nous prévoyons de rester seulement quatre jours.

Nous accueillons Bernard et Madeleine, les parents d’Alex, à bord du Molokoï D’jo. Nous devions les retrouver sur la côte brésilienne mais la traversée ayant duré plus longtemps que prévue ce sont eux qui nous rejoignent en avion sur l’île.

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Réserve-naturelle2-768x1024 Fernando de Noronha

Afin d’atteindre la réserve naturelle et de la visiter, nous louons un buggy, sorte de petit 4×4 à carrosserie ouverte. Arrivés devant l’une des entrées du parc, nous réalisons que les tickets ne se vendent pas à la journée et qu’il faut acheter un pass pour dix jours… Nous décidons alors d’aller voir certaines plages de la réserve sans ticket en évitant les gardes côte. Alex, David et Bernard vont même accéder à des plages protégées à la nage pendant que Madeleine et moi nous prélassons sur des transats. Ah ces Français qui aiment contourner les règles qu’ils trouvent absurdes 😉

Malgré ces quelques mauvaises surprises concernant les taxes de séjour sur l’île ainsi que d’entrée de la réserve, nous restons pleinement séduits par la beauté de l’île, ses plages de sable blanc, l’eau chaude et transparente, et quelques belles découvertes tel que le rocher souffleur. En revenant de la plage en annexe, nous entendons un souffle puissant s’élever de la paroi rocheuse que nous longeons pour rejoindre le Molokoï D’jo. Curieux de ce phénomène, nous nous approchons de ce bruit étrange, impressionnant qui semble venir du cœur de la montagne. Nous réalisons que l’eau s’engouffre dans une cavité au rythme de la houle, repoussant alors l’air qui s’échappe par des trous creusés dans la paroi. Nous resterons un moment à observer cet instrument à vent créé par la nature, fascinés par la puissance et la pureté de ce souffle.

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Plage-1024x250 Fernando de Noronha

Une autre belle surprise m’est apparue dans le petit port de pêche situé derrière la digue. Nous avions remarqué que de nombreux baigneurs et plongeurs suivaient des bouées et apprenons qu’elles indiquent l’emplacement d’une épave. Nous décidons d’aller voir de plus près, munis de nos masques et tubas. Mais je suis très vite lassée par ces quelques bouts de ferraille recouverts d’algues et je décide de rejoindre la plage lorsque j’aperçois une tortue qui nage au loin. C’est la première fois que j’en vois une et je m’approche d’elle toute excitée. Je suis tout de suite séduite par la grâce qui se dégage de ses mouvements à la fois fluides et rapides. Elle se dirige vers la plage, je la suis, me retrouvant dans une eau de moins en moins profonde. J’entrevois alors d’autres tortues qui mangent tranquillement et n’ont pas l’air dérangées par ma présence. Elles viennent se coller à mon ventre comme si j’étais des leurs. Je comprends alors que ce n’était sans doute pas l’épave qui attirait tant les plongeurs mais la faune qui nage paisiblement juste au bord de la plage. Car les tortues ne sont pas les seules habitantes de cet espace aquatique, en plus de poissons colorés, je repère aussi des raies et des petits requins.

L’accostage sur les plages de l’île qui ne sont pas protégées par une digue est parfois périlleux. Surtout lorsqu’il fait nuit et qu’on entend les rouleaux s’écraser dans un bruit assourdissant. Alors que je préfère habituellement la liberté et la solitude du mouillage, je commence à regretter la simplicité et les services que l’on retrouve dans un port. Pouvoir mettre le pied à terre pour aller se promener sans devoir prendre des affaires de rechange et tout bien empaqueter pour que tout reste au sec, l’eau et l’électricité facilement accessibles, le bateau qui ne bouge quasiment plus… Ces six semaines écoulées depuis notre départ des Canaries à alterner entre navigations et mouillages furent à la fois merveilleuses et éreintantes.

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