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Boa Vista

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Port-de-Sal-rei-300x225 Boa Vista

Après une journée de navigation, nous arrivons au mouillage, devant Sal Rei, la capitale de Boa Vista. Nous sommes entourés de plages de sable blanc et de bateaux de pêcheurs. Nous sommes assez éloignés des côtes, la terre la plus proche est une petite île inhabitée sur laquelle nous avons aperçu, en arrivant en voilier, les restes d’un fort sans doute érigé pour résister aux attaques des pirates.

Sal Rei est plus touristique que Palmeira, c’est une ville plus grande, avec des quartiers très pauvres, des taxis qui nous interpellent, plus de bruit, plus de monde, plus de regards. Nous nous sentons un peu mal à l’aise lorsque nous errons à la recherche de la police maritime pour remplir les documents pour le bateau. Nous sommes escortés par un Cap Verdien qui semble comprendre ce que nous cherchons et en effet il nous mène au bon endroit, juste avant la fermeture. Ensuite nous lui demandons où nous pourrions prendre une douche et nous comprenons qu’il nous propose de nous emmener chez lui. Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Coucher-de-soleil-Sal-Rei-300x225 Boa Vista  Nous ne parlons pas encore portugais et avons bien du mal à communiquer. Nous le suivons quand même, méfiants, et arrivons devant une mini superette qui fait aussi bar dans un bidonville. Nous comprenons alors qu’il voulait qu’on lui offre à boire et que nous ne prendrons pas de douche ce soir.

Le lendemain, nous tentons de nettoyer la coque qui est recouverte d’algues. Armés de nos combinaisons et de nos masques, nous plongeons et passons simplement nos mains contre l’antifouling pour enlever les algues qui partent assez facilement. Mais le courant est fort et c’est difficile de tenir en place. Alex m’installe un bout auquel je m’accroche, j’essaie même de nettoyer la coque avec mes pieds tout en étant suspendue au bout, mais je suis toujours emportée par le courant et abandonne la mission…

Le jour suivant, nous décidons d’aller sur l’île dont la plage déserte de sable blanc nous tend les bras depuis notre arrivée. Nous visitons le fort en ruine avec ses canons dirigés vers le large, la vue est magnifique, les pirates n’ont aucune chance. Nous nous baignons, le sable est doux, l’eau est plutôt fraiche mais c’est agréable vu la chaleur. Nous rencontrons un couple d’Allemands qui navigue avec leur fils depuis quelques mois. Nous échangeons nos expériences, nos futures destinations, nos difficultés, nos découvertes. Alex apprend qu’il y a des coins autour du mouillage où le poisson se pêche relativement facilement au harpon.

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Canons-1024x446 Boa Vista

De retour sur le bateau pour le déjeuner, Alex s’empare de son harpon et part seul en annexe à la recherche de ces fameux endroits de pêche. Nous l’observons depuis le bateau, à l’aide des jumelles nous l’apercevons lorsqu’il remonte à la surface. Peu de temps après, il revient avec son premier poisson ! Il nous avoue que lorsqu’il touche un poisson et que celui-ci saigne il a un peu peur que des requins débarquent. Mais il y retourne, confiant, avec un seau pour y déposer ses proies. Malheureusement, la pêche ne sera pas fructueuse cette fois-ci.

Charline ayant regardé sur internet les lieux à voir sur l’île de Boa Vista, nous décidons de louer des scooters, comme nous l’avions fait tous les quatre à Porto Santo. Nous nous rendons donc chez un loueur et optons pour des scooters 125cc. Nous remplissons les documents, essayons les casques avec de sublimes charlottes et au moment de prendre nos scooters, la loueuse se rend compte qu’elle ne trouve pas les clefs d’un des scooters… Nous retournons dans la boutique et après discussion, nous décidons de prendre des 50cc. Cette fois-ci, elle a bien les clefs mais les réservoirs sont quasiment vides, nous devons aller à la station service faire le plein aux frais du loueur évidemment. Nous y allons, faisons le plein et au moment de repartir nous nous apercevons qu’un des scooters a perdu une plaquette de frein ! Nous laissons le scooter à la station et retournons chez le loueur nous faire rembourser. Nous abandonnons l’idée de la location et allons nous poser à la terrasse d’un café sur la grande place pour réfléchir. Nous venions de perdre notre temps et ne savions plus vraiment quoi faire.

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Ibou-et-son-aluguer-300x225 Boa Vista  Charline repense alors à un guide nommé Ibou, qui parle français, et dont elle avait lu de bonnes appréciations sur le site du routard. Nous décidons de l’appeler pour voir ce qu’il pouvait nous proposer. Et c’est là que nous rencontrons Ibrahim, un Sénégalais qui vit depuis plusieurs années à Sal Rei et qui organise des tours dans l’île avec son 4×4. Il nous rejoint sur la place et le contact passe tout de suite. Nous nous mettons d’accord sur le tour que nous souhaitons faire et nous partons déjeuner tous ensemble dans un restaurant avec vue sur le port qui propose des plats typiquement cap verdiens.

Nous commençons notre visite par l’épave du Santa Maria située au nord de l’île. C’est un bateau espagnol qui s’est échoué sur la côte avec toute une cargaison que les habitants se sont empressés de récupérer. La route qui mène à l’épave est chaotique, elle serpente au milieu de dunes, d’ânes, de chèvres, la végétation se fait rare, et là, tout au bout, nous découvrons ce squelette métallique tout droit sorti d’un film de science fiction. C’est très impressionnant.

Ensuite, nous nous arrêtons dans un atelier de poterie à Rabil, qui fut la première capitale de Boa Vista. Nous découvrons leur méthode pour récupérer la terre qui leur permettra de modeler Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Fabrique-de-potteries-300x225 Boa Vista  des vases, des jarres et surtout de nombreuses tortues qui est le symbole du Cap Vert tout comme notre Molokoï qui veut dire tortue en créole. Nous repartons avec deux tortues pour décorer notre carré dont une offerte par Lucas et Charline qui nous font cadeau d’un objet aimanté à chaque nouveau pays visité avec nous.

Nous partons ensuite dans le désert de Viana situé à quelques kilomètres de Rabil, au milieu de l’île. Le sable blanc et fin venu du Sahara a créé ce paysage insolite et magique. Ibou nous fait faire du rallye avec son 4×4 au milieu de Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Alex-et-Lucas-désert-de-Viana-300x225 Boa Vista  ces dunes blanches parsemées d’acacias. Nous sautons de l’arrière de la voiture et nous amusons à rouler et à sauter dans le sable, à descendre les pentes en courant, à manger du sable aussi pour certain, très bon moment !

 

Puis nous visitons Povoaçao Velha, le plus ancien village de l’île construit loin des côtes afin d’échapper aux pirates. Ce village semble inhabité, nous ne croisons pratiquement personne.

Nous descendons dans le sud de Boa Vista, d’abord à la Praia de Varandinha admirer les cavernes qui longent la plage, puis la fameuse Praia de Santa Monica, une plage de 18 km de long, désertique, dont les rouleaux Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Les-Guetteurs-de-Vent-Santa-Monica-300x225 Boa Vista  impressionnants viennent s’abattre sur le bord, aucune habitation n’est en vue, nous sommes une fois de plus seuls. Mais nous apercevons tout de même un hôtel en construction au loin ce qui annonce du changement pour les années à venir…

De retour à Sal Rei, Ibrahim nous propose de diner chez lui et de nous faire découvrir le plat national sénégalais : le thiéboudienne, cuisiné par une amie sénégalaise. Alex, qui a tourné un documentaire au Sénégal, connaît déjà ce plat et est ravi de le redécouvrir avec nous. Ibou habite dans l’un des bidonvilles de Sal Rei, il nous explique que des groupes électrogènes leur permettent d’avoir de l’électricité à partir de 17h et que le tarif se calcule selon le nombre d’ampoule qu’il souhaite allumer. Il vit en colocation et nous fait visiter l’appartement. Nous dinons dans sa chambre, à même le sol, avec les doigts, à l’africaine, c’est génial ! Et c’est délicieusement bon ! Pimenté comme il faut, avec du riz, des légumes et du poisson. Nous avons passé une excellente soirée.

Nous nous couchons, heureux de cette belle journée, fatigués par ce grand tour dans l’île et le ventre bien tendu par ce délicieux repas. Mais la journée n’est malheureusement pas terminée… Vers 2h30, l’alarme mouillage se déclenche, nous dérapons et nous rapprochons dangereusement d’un bateau qui est arrivé la veille et qui s’est posé juste derrière nous. Sans réfléchir, nous nous activons tous sur le pont. Nous allumons le moteur, remontons la chaine, attrapons l’orin (bouée qui indique l’endroit où se situe notre ancre) à l’aide de la gaffe puis l’ancre apparaît au dessus de l’eau. Tout cela évidemment à la lueur de nos frontales. Nous faisons un petit tour histoire de trouver un meilleur emplacement, éloigné de tout bateau, puis nous descendons l’ancre sans mettre l’orin cette fois-ci. Encore une fois, plus de peur que de mal, nous avons juste égaré notre gaffe dans la précipitation. Mais les rafales soufflent toujours et je n’arrive pas à me rendormir. Je veille donc tandis que l’équipage se rendort, je lis, fixe l’écran pour voir si notre voilier dérape, sors pour observer notre position par rapport aux autres bateaux. Cet événement m’a quelque peu effrayée et les prochaines nuits seront difficiles pour moi, je dormirai peu, avec l’impression d’entendre l’alarme mouillage retentir et le manque de sommeil commencera à se faire sentir à tel point que quelques jours plus tard, à Tarrafal, Alex organisera des quarts de veille afin que je puisse me reposer. Il est bien mon capitaine n’est-ce pas !

 

Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Alex-essaie-sa-bouteille-de-plongée-300x225 Boa Vista  Après cette nuit mouvementée, Alex et Lucas se lèvent tôt car Alex avait organisé une plongée avec un club, il va enfin pouvoir essayer l’équipement qu’il s’était offert à Las Palmas ! Lucas l’emmène mais malheureusement le club ne retrouve pas son padi sur internet et il ne pourra pas plonger avec eux. De retour sur le bateau, tous deux trempés par ce voyage en annexe, Alex ne s’avoue pas vaincu. Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Alex-et-sa-pêche-miraculeuse-225x300 Boa Vista  Il enfile sa combinaison, son gilet, installe sa bouteille et plonge autour du bateau pour vérifier notre mouillage sous le regard attentif de Lucas qui le suit avec son masque et ses palmes. Tout se passe bien, Alex est trop content de retrouver les sensations de la plongée et de voir que son équipement est top. Il part ensuite pêcher au harpon, sans sa bouteille bien sûr, dans l’un des coins indiqués par l’Allemand rencontré sur la plage, et rapporte non pas un mais cinq poissons ! Dont un plus petit pour Tsuba.

Nous avons invité Ibrahim à diner sur le bateau, nous préparons évidemment l’un des poissons pêchés par Alex et passons une agréable soirée.

Le jour suivant, Alex plonge avec son équipement voir une épave pas très loin de notre bateau. J’étais un peu inquiète à l’idée qu’il soit seul mais tout s’est bien passé et il nous a rapporté de belles images avec sa go-pro. Les Allemands nous ont donné rendez-vous sur la plage de Sal Rei pour jouer au beach-volley. Molokoï D'jo et les Guetteurs de Vent Alex-après-son-match-de-volley-300x225 Boa Vista  Ils sont avec un couple de Suisses en vacances au Cap Vert et en les voyant faire un match je me rends compte qu’ils savent très bien jouer et que mon niveau n’est pas suffisant. J’ai trop peur, et laisse donc Alex s’amuser avec eux. Charline et Lucas n’ont pas très envie de faire un match non plus et préfèrent boire des caipirinha sur la plage. Je m’occupe en observant des enfants s’amuser dans le sable et en admirant Alex jouer avec facilité.

Dernier jour à Boa Vista, nous préparons le bateau pour notre prochaine navigation. Nous prévoyons entre 14 et 16h de trajet pour atteindre l’île de Maio et décidons de partir en fin d’après-midi pour arriver de jour le lendemain.

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